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La négociation


Pourquoi négocier?

La Cour suprême du Canada a établi qu’une nation autochtone présente sur un territoire à l’arrivée des Européens – et qui a continué de le fréquenter depuis – a des droits distincts sur ce territoire, appelés « droits ancestraux ». Un droit ancestral est issu d’une coutume, d’une pratique ou d’une tradition qui caractérise la culture d’un groupe autochtone.

Les Québécois et les Innus ont cohabité sur le même territoire pendant 400 ans sans jamais statuer sur ces droits. Dans quelle mesure les Innus peuvent-ils jouir d’une certaine autonomie politique, chasser, pêcher, établir des campements et participer aux décisions touchant le développement du territoire? Encore aujourd’hui, les Innus et les Québécois ne le savent pas. Cette situation crée une incertitude juridique qui nuit au développement économique et aux bonnes relations entre les deux communautés.

Dans ce contexte, souhaitons-nous laisser aux tribunaux le soin d’imposer une solution ou préférons-nous la négocier? Les gouvernements du Canada et du Québec ainsi que la plupart des communautés innues ont choisi la voie de la négociation.

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Qui négocie et où en est la négociation?

Il y a actuellement trois tables de négociation :

  • celle de Mamuitun, qui comprend les communautés d’Essipit, de Mashteuiatsh et de Nutashkuan;
  • celle de Mamit Innuat, qui comprend les communautés de Mingan, de La Romaine et de Pakua Shipi;
  • celle de Ashwanipi, qui comprend les communautés de Uashat-Maliotenam et de Matimekosh-Lac-John.

En avril 2006, le gouvernement du Québec nommait deux nouveaux négociateurs, MM. Yves Fortier et Jean Bertrand. Depuis, les discussions ont repris avec les trois groupes :

Mamuitun

Des rencontres se tiennent généralement une fois toutes les trois ou quatre semaines avec les représentants du Québec, de Mamuitun et du gouvernement du Canada. La négociation avec ce groupe se fait sur la base de l'Entente de principe d'ordre général.

Au cours des premiers mois qui ont suivi la reprise des négociations, les discussions ont surtout porté sur les mesures transitoires, telles qu’elles sont prévues au chapitre 19 de l’Entente de principe. Ces mesures visent, entre autres, à s’assurer que les communautés visées sont consultées adéquatement et que les modalités prévues dans l’Entente de principe seront préservées d’ici à la signature d’une entente finale. Des canevas de consultation sont convenus pour préciser les modalités de consultation pour différents ministères.

De plus, les parties ont ratifié un protocole portant sur la participation des communautés de Mashteuiatsh, d’Essipit et de Nutakuan à l’élaboration du Plan d’affectation des terres publiques, en conformité avec l’article 6.9.1 de l’Entente de principe. Cette expérience pilote permettra d’expérimenter le processus de participation réelle prévu dans l’Entente de principe.

Par ailleurs, depuis l’automne 2006, les discussions ont porté sur les différents éléments du chapitre consacré au territoire. À ce stade, les parties ont essentiellement partagé leurs positions et échangé sur leurs attentes relativement à ce chapitre, sans toutefois avoir convenu de texte définitif.

Mamit

Les rencontres ont débuté à l’automne 2006 et se tiennent environ toutes les quatre semaines. Ce groupe n'a pas encore signé d'entente de principe.

Jusqu’à maintenant, les rencontres ont surtout porté sur des aspects généraux de la négociation, notamment sur la fréquence des rencontres, les sujets à discuter en priorité ainsi que certains enjeux liés au territoire.

Ashuanipi

Quelques rencontres préliminaires ont eu lieu au cours de l’été 2006.  Les rencontres sont plus régulières depuis l’automne 2006 et se tiennent généralement toutes les quatre semaines. Ce groupe n'a pas encore signé d'entente de principe.

Les parties ont convenu du fonctionnement de la négociation et ont notamment discuté de la question générale des droits des Innus de Matimekush–Lac John en territoire conventionné.  Une entente cadre balisant les négociations est toujours en discussion.

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Comment les intérêts des Québécois seront-ils pris en considération?

Il revient au gouvernement du Québec de défendre les intérêts des Québécois dans ses champs de compétence. Il doit ainsi mettre en œuvre une stratégie particulière pour que les négociateurs les prennent vraiment en considération. La population peut faire connaître ses préoccupations aux élus, élues et associations qui sont chargés de faire pression sur l’administration publique et sur le gouvernement.

À la suite d’une analyse de l’entente de principe et des débats qui ont alors eu lieu, le Conseil des ministres a dicté un certain nombre de balises au négociateur qui représente le Québec à la table de négociation.

Dans la foulée, le gouvernement du Québec a adopté une stratégie particulière pour que les enjeux régionaux et globaux soient bien présentés tout au long de la négociation.

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Quelle stratégie a été adoptée pour assurer dorénavant une juste représentation des enjeux régionaux à la table de négociation?

Au cours de la prochaine et ultime phase de négociation, le gouvernement du Québec veillera à ce que la population du Saguenay–Lac-Saint-Jean et celle de la Côte-Nord soient continuellement informées et consultées.

Entrée en fonction du représentant des régions

L’équipe de négociation du Québec comprend un représentant des régions. Celui-ci siège à la table de négociation. Celui-ci siégera à la table de négociation. Un délégué régional et un coordonnateur le secondent dans chacune des deux régions; ils ont pour tâches d’informer la population et d’être à l’écoute de ses préoccupations. Le délégué régional pourra également accompagner le représentant des régions à la table de négociation lorsque requis

De façon plus précise, le représentant des régions voit :

  • à participer à la conception et la réalisation du plan d’information des populations régionales;
  • à fixer les conditions et à adopter les mécanismes nécessaires pour établir un dialogue soutenu et constructif avec les intervenants régionaux, dont les élus ou élues et les porte-parole des groupes sectoriels, voire avec la population, afin de connaître leurs préoccupations et de recueillir leurs propositions durant la négociation, notamment en matière de faune, de villégiature, de mines, de forêts, de bon voisinage et de développement socioéconomique;
  • à faire valoir les préoccupations et les propositions des intervenants régionaux :
    • auprès du ministre délégué aux Affaires autochtones,
    • auprès des négociateurs du gouvernement du Québec;
  • à assister aux rencontres de la table de négociation et à collaborer à la stratégie établie par le négociateur du Québec.

Le poste de représentant des régions est actuellement vacant, mais des efforts sont déployés pour le combler. Dans l’intervalle, les autres membres de l’équipe de représentation régionale sont toujours actifs.

Le poste de représentant des régions est occupé par M . Anthony Detroio.

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